Cyril Ropars, pair-aidant certifié

Je suis pair-aidant. Ce que vous voyez en surface,
c'est la formation. Ce qui compte vraiment,
c'est ce qu'il y a en dessous.

Pair-aidant certifié · Rennes · En ligne

Iceberg représentant le parcours visible et invisible de Cyril : Patient, Professionnel, Pair-aidant certifié en surface, et les expériences profondes en dessous

"Ce que les autres voient. Et ce qu'il y a vraiment en dessous."

J'ai navigué plus de 25 ans dans le système de santé mentale.
Des dizaines de professionnels, autant de traitements,
de protocoles, d'expérimentations,
des années à chercher des réponses.

Avant même de naître, le décor était planté.
Une famille qui portait ses propres blessures sans le savoir.
C'est là que tout a commencé. Avant moi.

"Ce que vous allez lire, c'est pas un CV.
C'est une histoire. Cliquez sur ce qui vous parle."

Mon parcours, période par période

Mon histoire a commencé avant moi. Dans une famille où les choses étaient déjà compliquées avant mon arrivée, sans que personne ait les mots pour le dire, ni les outils pour faire autrement.

Je n'avais pas encore un an que la vie avait déjà montré les dents. Des opérations, des hospitalisations, un corps qui se bat avant même d'avoir appris à marcher. Je n'en garde aucun souvenir conscient. Mais le corps, lui, se souvient toujours.

Les années qui ont suivi, je les ai traversées avec un sentiment diffus que quelque chose ne tournait pas rond,
sans savoir quoi, sans pouvoir le dire à personne. J'ai appris à être constamment sur mes gardes. À lire les ambiances avant même d'entrer dans une pièce. À me faire petit pour que ça se passe bien. Personne ne m'avait appris à faire autrement, ils ne savaient pas non plus.

À 9 ans, j'ai vu un premier psychologue. Pas pour mettre des mots : juste parce que quelque chose n'allait pas et que personne ne savait quoi. Le CMP enfant. Le début d'une longue série.

En primaire, j'étais premier de la classe. Mais ce n'était pas du talent : c'était de la structure imposée de l'extérieur. Ma mère derrière moi, tout codifié, pas besoin de prendre des notes. Le système fonctionnait parce que quelqu'un le faisait fonctionner pour moi.

À 11 ans, retour chez le psy. Cette fois au CMP pour enfants. On ne savait toujours pas nommer ce qui se passait, mais les signaux s'accumulaient.

Au collège, tout s'est effondré d'un coup. Nouveaux camarades, prise de notes, plus de repères, ma mère dépassée. Ma prof principale avait résumé ça mieux que n'importe quel bilan : « Cyril n'est pas bête, mais son cerveau tourne tellement vite que ça finit par se transformer en mayonnaise. »

Et puis le divorce. 12 ans. Le sol se dérobe une deuxième fois. Le CMP adolescents prend le relais. Nouveaux intervenants, mêmes questions sans réponses.

À 15 ans, on m'oriente en apprentissage. Je débarque dans un monde de brutes alors que je suis encore un enfant. Ça ne tient pas. Décrochage total. Le brevet en poche, mais plus aucune porte ouverte. L'académie me signe une exemption d'assiduité scolaire. 15 ans, et déjà traité comme un cas à part.

Mais quelque chose en moi a refusé de lâcher. Je retourne en 3ème, le brevet déjà en poche, pour améliorer mon dossier et tenter d'entrer au lycée avec une option cinéma audiovisuel. Je me bats contre l'institution entière. Et j'y suis entré.

Quatre ans épuisants, traumatisants, en phobie scolaire totale. Mais j'ai eu le bac. Arraché, pas offert.

C'est au lycée que tout a changé. Quelqu'un m'a regardé, vraiment regardé, et a vu quelque chose que je ne voyais pas moi-même. Quelqu'un qui a cru en moi avant que j'y croie. Qui m'a montré, pour la première fois, que le bonheur n'était pas une rumeur.

Cette personne m'a offert quelque chose qu'aucun professionnel, aucun traitement, aucune thérapie ne m'avait donné : la certitude que je valais la peine. Que ma façon d'être au monde avait de la valeur.

Apprendre à naviguer à deux quand on n'a jamais eu de carte, c'est beau et maladroit à la fois. On fait des erreurs qu'on ne comprend qu'après. On vit avec des regrets qui hantent, et qui font grandir, lentement, à condition de les regarder en face plutôt que de les fuir.

Je ne serais pas là sans ce que cette période m'a appris. Certaines personnes vous traversent et vous transforment pour toujours. Celle-là, je lui dois une part entière de qui je suis devenu.

Après le lycée, j'ai fui. Pas consciemment, juste mis un pied devant l'autre sans trop savoir où j'allais. Les voyages, la cuisine, les rencontres. Bouger pour ne pas avoir à rester en place avec moi-même.

Mais dans cette fuite, j'ai trouvé des choses que je ne cherchais pas. La cuisine m'a appris que créer quelque chose de ses mains pouvait nourrir plus que le ventre. Les voyages m'ont montré que le monde était plus grand que les cases dans lesquelles on m'avait mis.

C'est aussi à cette période que j'ai découvert la neurodiversité : pas comme un diagnostic, pas comme une étiquette, mais comme un début d'explication. Pour la première fois, certaines choses commençaient à avoir un sens.

À un moment, je n'arrivais plus à travailler. Plus du tout. C'est l'obtention de l'AAH qui a tout changé : une reconnaissance officielle de ma différence, et avec elle, enfin, des aménagements adaptés.

À 28 ans, j'ai repris les études. Pas une orientation subie, pas une porte de secours. Une décision. La licence de psychologie m'a donné quelque chose d'inattendu : pas juste des connaissances, mais un langage : les mots pour comprendre ce que j'avais traversé. Un cadre pour mettre de l'ordre dans des années de chaos intérieur.

Pas guéri. Jamais ce mot. Mais plus lucide. Plus armé. Et pour la première fois, tourné vers quelque chose plutôt que fuyant quelque chose.

La licence en poche, j'ai voulu aller plus loin. Le DU de pair-aidance à l'Université Lyon 1, en partenariat avec l'hôpital du Vinatier. Une formation certifiante qui posait enfin un cadre éthique et professionnel sur ce que je savais faire instinctivement depuis des années.

Puis deux ans au Pôle ADIS, le centre expert Troubles du NeuroDéveloppement du Vinatier. Travailler en équipe pluridisciplinaire avec des psychiatres, des neuropsychologues, des ergothérapeutes. Voir la santé mentale de l'intérieur. Pas comme patient cette fois, mais comme professionnel.

Cette période m'a transformé. Pas parce que j'ai tout appris, mais parce que j'ai compris comment mon vécu et ma formation pouvaient travailler ensemble. C'est là qu'est née l'idée de La Compagnie du Rétablissement.

Fin 2023, j'en avais assez. L'hôpital, l'association : des structures qui affichaient le rétablissement sur leurs plaquettes, mais l'empêchaient dans les faits. Mis au placard, j'ai préparé mon projet pendant neuf mois, sur mon temps de travail. Et je suis parti.

J'ai découvert un univers entier : celui des entrepreneurs. Les réseaux, les webinaires, les financements, les structures d'accompagnement. Un monde à apprendre depuis le début, comme toujours.

Je rejoins ColineCare ↗ — la première plateforme de santé au travail fondée sur la pair-aidance. Des patients experts mis en relation avec des collaborateurs d'entreprise qui traversent une épreuve similaire : maladie chronique, burn-out, handicap invisible. Pendant deux ans, je développe ce partenariat en parallèle de mon activité indépendante.

Et puis la tempête. Un retour en Bretagne. Tout remettre à plat. Le savoir expérientiel ne s'arrête jamais. Il continue de se construire, y compris dans les épreuves qu'on n'avait pas prévues.

Pour les curieux

Pas indispensable pour me comprendre, mais ça explique beaucoup.

Tout le monde m'a dit que je n'avais pas besoin d'un site pour commencer à démarcher. Tout le monde avait tort. Pour moi.

Avec mon fonctionnement, je ne pouvais pas travailler sans avoir mon site. Pas par perfectionnisme, par besoin réel. Je savais exactement ce que je voulais, et personne ne voulait se lancer dans un projet aussi précis et complexe. Alors j'ai appris moi-même. Deux ans en autodidacte à construire ce site de zéro.

Résultat : un partenariat avec ColineCare, un site qui me ressemble, et enfin l'aisance pour vraiment travailler.

Un atypique forcé à fonctionner comme tout le monde : il est bloqué, épuisé, moins efficace. Un atypique qu'on laisse fonctionner à sa façon, même si c'est complètement à l'envers, il peut aller plus loin que prévu. Il faut juste le laisser faire.

Je vais être direct : j'utilise l'IA partout. Dans la construction de ce site, dans mes mails, dans l'administratif et la communication. Si vous regardez attentivement, ça se voit, et c'est voulu.

Pas parce qu'elle fait à ma place. Si c'était le cas, j'aurais été bien plus rapide. Mais parce qu'elle compense exactement là où je bloque. La planification, la structuration, la mise en mots quand les idées se télescopent, la mémoire de travail qui lâche au mauvais moment. Pour les profils comme le mien (TDAH, fonctions exécutives en vrac), l'IA c'est une prothèse cognitive. Pas un raccourci. Un outil qui me permet de fonctionner comme j'ai besoin.

Je la recommande concrètement dans mon accompagnement quand c'est pertinent. C'est une partie de ma pratique, pas un détail.

Si vous êtes contre l'IA, si l'idée que votre pair-aidant l'utilise vous dérange, c'est tout à fait légitime. Mais je ne suis probablement pas la bonne personne pour vous. Je préfère vous le dire maintenant.

Bureau de rêve illustré style manga — espace de travail imaginaire

"Et vous, c'est comment dans votre tête ?"

"Si quelque chose vous a parlé ici…"

→ Un mail et on en parle

Séance découverte · 30 min · Gratuit · Zéro engagement

✉ Écrire